Présentation de la liste nationale interprofessionnelle au Cnefop : la volonté affichée d’un travail évolutif

23 décembre
2014

Outre les débats autour des derniers projets de décrets d’application de la loi du 5 mars 2014, la séance plénière du Conseil national de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles (Cnefop) qui s’est tenue le 16 décembre, a été l’occasion de revenir sur la présentation de la première liste des formations éligibles au CPF (compte personnel de formation). Dévoilée par le Comité paritaire national de l’emploi et de la formation (Copanef) à la fin du mois de novembre (voir notre article), cette liste n’en n’a pas moins suscité quelques émois. En effet, si d’un côté, les universités regrettent l’absence de ces diplômes supérieurs (voir notre article), les Régions pointent du doigt la prédominance des certifications de niveaux I et II [1].

D’où l’intérêt d’expliquer comment les partenaires sociaux en sont arrivés là. « Je rappelle que la liste interprofessionnelle a vocation à être complétée par les listes régionales et de branche. Il est vraisemblable d’ailleurs que les niveaux IV et V sont plus représentés dans les listes des branches », explique Christian Janin, président du Copanef, au Quotidien de la formation. « Le débat a été intéressant, tout le monde a compris que ce n’était qu’un premier exercice qui n’est pas encore finalisé. Il a fallu signifier que nous avons conscience d’un certain nombre de difficultés mais que tout cela doit se régler sur le plus long terme. Les partenaires sociaux ont affiché leur volonté de tout mettre en œuvre pour prendre des mesures afin de parvenir à un exercice complet. »

Le président du Cnefop, Jean-Marie Marx, a rappelé l’exigence d’un travail évolutif sur cette question. « Nous sommes à l’heure de l’information et de la présentation mais nous prévoyons de mener un travail tout au long de l’année pour suivre l’évolution des listes. Le Cnefop va revenir sur la question des listes lors d’un prochain bureau avec la connaissance des autres listes élaborées en régions et dans les branches. » Et Christian Janin d’ajouter : « Nous sommes confrontés à un mécanisme évolutif qui prendra au moins deux ou trois ans. D’où la nécessité d’afficher nos intentions auprès des usagers afin qu’ils aient conscience que ce qu’ils voient est périssable. »

Pourtant, du côté de l’Unsa, si on salue le travail du Copanef, des interrogations demeurent sur la mise en place du compte personnel de formation. « Sans connaître les listes des branches et des territoires, il est délicat de savoir quelle dynamique va être insufflée à la création des comptes, sachant qu’aujourd’hui, 7 % des formations inscrites dans la liste nationale correspondent aux niveaux IV et V. Nous n’avons pas encore la visibilité sur ce qui sera effectivement inscrit sur les comptes. Ce que nous pouvons craindre, c’est de voir des personnes qui ne trouvent pas de formation adaptée dès le départ, ce qui impacterait peut-être la dynamique autour de la création du CPF », décrypte Jean-Marie Truffat, secrétaire national en charge de la formation professionnelle du syndicat..

Christian Janin se veut cependant optimiste quant à l’avancée des travaux sur les listes dans les branches et en régions. « Nous sommes plus confrontés à des problèmes techniques de saisie. Aujourd’hui, vingt Coparef [2] sont en phase de conclusion de leur liste et au moins une quarantaine de listes de branches sont déjà finalisées. »

Célia Coste
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 18 décembre 2014.

[132 % des titres retenus correspondent à des niveaux 1 (bac + 4 et au-delà) et 37 % à des niveaux bac + 3.

[2Comité paritaire régional de l’emploi et de la formation.

Mis en ligne le 23 décembre 2014
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