Seules 33 % des entreprises avouent connaître l’existence du compte personnel de formation (baromètre Opcalia)

22 décembre
2014

Des entreprises qui avouent massivement ignorer le contenu de la réforme et qui prévoient d’investir peu ou prou autant dans la formation en 2015 qu’en 2014 du fait d’un contexte économique tendu : telles sont les grandes tendances pour 2015 qu’Opcalia tire de son premier baromètre emploi-formation.

Le contenu de la réforme ? Seules 18 % des 500 entreprises interrogées affirment le connaître. Parmi ces dernières, sans surprise, les mieux informées sont souvent les plus grosses (44 % des réponses positives proviennent de structures dépassant le seuil des 50 salariés, essentiellement dans les secteurs de l’industrie et des services). Et seules 11 % de ces entreprises averties pensent que la réforme aura des effets positifs. A contrario, elles sont 27 % à anticiper des conséquences négatives et 62 % à ne rien en attendre.

Les grandes entreprises, mieux informées

Le compte personnel de formation ? 33 % savent de quoi il s’agit. Là encore, essentiellement des grosses structures. Quant à l’obligation, pour l’employeur, d’instaurer un entretien professionnel tous les deux ans suivi d’un bilan tous les six ans concernant l’évolution des compétences de ses collaborateurs, seules 22 % des entreprises répondantes indiquent en être informées. Là encore, le degré d’information s’aligne sur la taille de l’entreprise puisque 75 % des structures affirmant connaître l’existence du CPF dépassent l’effectif des 50 salariés. Côté contrôle de la qualité – l’un des enjeux implicites de la réforme (dont le décret était hier examiné par le Crefop, voir article dans cette édition) – 60 % des entreprises interrogées estiment aujourd’hui bien évaluer les formations suivies par leurs salariés. Elles sont d’ailleurs 85 % à juger positivement la formation, estimant qu’elle permet de développer les compétences de leurs salariés et de les rendre plus performants. En dépit de cela, cependant, elles ne sont que 57 % à penser qu’il s’agit d’un sujet prioritaire. D’autant plus étrange que, dans le même temps, les entreprises qui affirment vouloir recruter en 2015 (un tiers des sondées) avancent comme premier frein à l’embauche… le niveau de formation inadapté des candidats et une pénurie de compétences.

En 2014, 65 % des entreprises sondées avaient engagé des budgets formation. En 2015, 67 % annoncent souhaiter le faire. Toutefois, si cette annonce semble être une réalité pour 100 % des structures de plus de 50 salariés, les plus petites, elles (moins de 10 collaborateurs), ne sont que 61 % à souhaiter investir dans ce champ. Et là encore, le secteur joue : 88 % des entreprises du secteur de la construction envisagent d’investir en formation, contre seulement 51 % dans le commerce et 62 % dans l’industrie. Et au total, 37 % ne souhaitent pas recourir aux services de prestataires extérieurs. C’est principalement le cas dans le commerce (50 % seulement l’envisagent).

Benjamin d’Alguerre
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 17 décembre 2014.

Mis en ligne le 22 décembre 2014
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