Le compte personnel de formation au 5 janvier et après (Assises nationales de la formation CGT)

17 décembre
2014

À moins d’un mois de l’ouverture officielle des droits au Compte personnel de formation, la CGT a réuni les principaux acteurs à l’origine de la loi du 5 mars 2014 pour que les militants se l’approprient.

« C’est en concertation quadripartite que nous avons réussi à construire un outil qui est enfin universel, mobilisable par tous les actifs, demandeurs d’emplois ou salariés. Quel que soit le moment où vous décidez de le mobiliser, les heures qui y sont inscrites sont financées » a rappelé Catherine Beauvois, secrétaire générale du Conseil national de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles (Cnefop), revenant sur l’origine de la mesure. « Une très grande avancée par rapport à ce qu’on connaissait jusque là » a-t-elle estimé. La concertation quadripartite, présidée de septembre à décembre 2013 par Jean-Marie Marx, maintenant président du Cnefop, menée en parallèle de la négociation qui a abouti à l’accord national interprofessionnel du 14 décembre 2013, n’est pas étrangère à cet avènement. « Je suis profondément convaincue que l’on a réussi à créer le CPF et à stabiliser le CEP car vous étiez [1] tous autour de la table » a-t-elle déclaré s’adressant aux participants.

Le paritaire ne peut pas répondre aux enjeux de la formation (CGT)

Bien que non signataire de l’Ani, la CGT, par la voix de sa secrétaire nationale en charge de la formation Catherine Perret a elle aussi dit tout le bien qu’elle pensait du quadripartisme. «  Si on a travaillé si bien à la création de tous les dispositifs de la réforme, c’est parce qu’on a été en capacité de se mettre autour d’une table, de réfléchir ensemble, de grandir ensemble, de confronter nos divergences et différences d’appréciation, d’arriver à un compromis en oubliant, les uns et les autres nos intérêts particuliers, pour ne pas dire nos intérêts partisans pour être au service de l’intérêt général » a-t-elle souligné. Elle a plaidé pour que le travail continue sous la forme du quadripartisme : « Il est, à notre sens à la CGT, un niveau au dessus de ce que doivent être les attributions des comités ou commissions paritaires. On est dans des enjeux de formation qui concernent l’ensemble des citoyens et les politiques publiques : on est dans le format du quadripartisme, le paritaire ne peut pas répondre à cela » a-t-elle insisté.

Doter le CPF de 100 heures pour les chômeurs le 5 janvier (Régions)

Mais à la veille de l’ouverture du Compte personnel de formation pour tous, Pascale Gérard, vice présidente Paca en charge de la formation professionnelle, s’est émue de sa réelle portée le jour J : « Il est impossible d’ouvrir 40 millions de comptes vides au 5 janvier ! J’exhorte les partenaires sociaux, les responsables politiques en général, à doter à tout le moins les demandeurs d’emploi, à tout le moins les demandeurs d’emploi dépourvus de qualification… on peut inventer le curseur là où on le veut, mais à doter d’au moins 100 heures de formation. Sans quoi, comment peut-on inventer un outil censé générer de l’appétence à la formation ? Il y a des enjeux d’envergure avant de se demander comment on met en place le CPF sur les territoires » a-t-elle prévenu. Pour elle le CPF est un premier pas vers une « sécurité sociale professionnelle », mais elle a indiqué qu’il restait d’autres décrets à écrire pour être opérationnel le 5 janvier. Notamment celui sur le socle de compétences « et de connaissances » a-t-elle insisté. Elle voudrait qu’il ne se limite pas « au geste professionnel », mais amène la personne « jusqu’aux prérequis d’entrée en formation de niveau V » et qu’il permette « une passerelle vers la qualification » a-t-elle plaidé.

Deux à trois ans pour parvenir à une liste complète (Partenaires sociaux)

Toutefois le CPF ne sera pas vide le jour J. Outre les listes de formations éligibles au CPF au titre des branches professionnelles et celles des régions, la liste nationale interprofessionnelle complètera l’offre faite à l’utilisateur. Intervenant en tant que président du Comité paritaire interprofessionnel national pour l’emploi et la formation (Copanef) chargé d’établir la liste nationale interprofessionnelle (LNI) des certifications éligibles au compte personnel de formation (CPF), Christian Janin a expliqué pourquoi la liste publiée par l’instance le 26 novembre dernier n’était pas définitive.

Car s’il est facile d’identifier les certifications pour des secteurs donnés, la tâche s’est avérée plus ardue pour les certifications transversales comme le management ou la conduite de projet. Surtout c’est l’identification des formations transversales utiles aux entreprises pour lesquelles aucune donnée n’existait. « On a décidé d’enclencher, avec les universités et l’enseignement supérieur, un travail d’identification de flux de formation continue parce que ça ne sert à rien d’afficher pour les salariés des certifications qui seront inaccessibles par le CPF, car elles le sont par des formations longues ou la formation initiale » a-t-il indiqué. Il faisait référence à l’absence des formations du supérieur sur la LNI. « On a une première liste que l’on sait ne pas être satisfaisante » a-t-il consenti. La tâche va selon lui durer deux à trois ans pour parvenir à un résultat acceptable, et il faudra que « les partenaires sociaux se dotent, si on veut faire le travail sérieusement, d’un outil d’aller retour qui nous permette d’identifier si on a vraiment des besoins de l’économie sur ces activités-là et si ce sont des cursus de certifications accessibles par le biais du CPF ».

Béatrice Delamer
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 15 décembre 2014.

[1État, régions, organisations syndicales et patronales

Mis en ligne le 17 décembre 2014
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