Les responsables formation ont un rôle majeur à jouer dans la réussite de la réforme (Entretiens de la formation professionnelle du Garf)

12 décembre
2014

La réforme en cours est une « réforme de société  ». Elle « réussira si elle aboutit à faire de la formation un vrai enjeu de dialogue social dans l’entreprise. Elle a été élaborée dans cette optique  », a déclaré François Rebsamen, ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, jeudi 4 décembre à l’occasion des “Entretiens de la formation professionnelle” organisés par le Groupement des acteurs et responsables de formation (Garf) célébrant son 60ème anniversaire.

Il a invité les responsables formation à « s’emparer de cette réforme et de la faire vivre dans cet esprit et dans cette dynamique ».
Et comme l’a souligné Alexis Hluszko, président de cette organisation forte de 700 membres, la rencontre des 4 et 5 décembre 2014 est l’occasion de « préciser la mise en œuvre opérationnelle de la loi tout en dessinant les conditions de mise en œuvre de l’innovation pour optimiser les ressources de la fonction formation et compétences et développer les réseaux de coopération au service de la compétitivité ». Ce qu’approuve le nouveau chef de la Mission Accompagnement des organisations de l’Office national des forêts (ONF), car pour lui, la réforme en cours porte « une dynamique d’innovations attendues de la part des acteurs de la formation en entreprise ».

Désormais, a constaté François Rebsamen « la politique de formation professionnelle repose sur quatre piliers : des droits pour tous les actifs ; la formation vue comme un investissement pour les entreprises ; une liaison très étroite entre emploi et formation ; et la possibilité d’abondements spécifiques pour les publics les plus en difficulté », en rappelant que le site du compte personnel de formation sera opérationnel le 5 janvier prochain, après la mise en service du portail depuis la semaine dernière.

Y aller dès maintenant

Avec 21 textes réglementaires publiés, «  le nouveau paysage est quasiment en place, chacun va devoir et pouvoir se saisir des nouvelles opportunités », a encouragé le ministre chargé de la Formation professionnelle. Il ne faut donc pas attendre le 1er janvier 2015 pour lancer les chantiers de mise en œuvre de cette loi qui, a estimé Annabelle Grésillon, directrice associée du Cabinet de conseils et accompagnement en ingénierie et gestion de la formation, Caraxo, « est d’application immédiate, donc dès le lendemain de la publication de la loi ». D’ailleurs, dans certaines entreprises, les négociations employeurs/partenaires sociaux intègrent des points liés à la réforme. « Il y a une forte attente des partenaires sociaux sur la formation parce que c’est aussi l’occasion de négocier d’autres accords sur le développement professionnel  », a indiqué Anna Altea, responsable du développement professionnel à l’Institut de cancérologie Gustave Roussy. Mais, la vraie préoccupation est de se demander « quels sont les enjeux au sein de l’entreprise que par la formation le dialogue social souhaite apporter des réponses », a pointé Gérard Taponat, Directeur des affaires sociales de Manpower.

De l’administratif de la formation à l’acteur incontournable du déploiement stratégique

Les enjeux sont si nombreux que le responsable formation doit innover, en abandonnant sa posture d’« administratif de la formation » pour se positionner au sein de l’entreprise comme « acteur incontournable du déploiement de la stratégie de l’entreprise ». Il doit pour cela, s’approprier, dès à présent, des indicateurs de pilotage lui permettant de mesurer les investissements formation réalisés. La grille des Indicateurs de reporting des investissements en formation professionnelle élaborée notamment par la Fédération de la formation professionnelle (FFP) pourrait lui permettre de prouver l’enjeu majeur du développement du capital humain pour les entreprises et leur performance. Car, a insisté le président du Garf, « le développement du capital humain constitue un levier de la performance de l’entreprise et de l’employabilité des salariés. Il est la base de la responsabilité sociale de l’entreprise  ». Et c’est principalement aux acteurs de la formation de le porter.

Knock Billy
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 5 décembre 2014.

Mis en ligne le 12 décembre 2014
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