Une réforme qui susciterait plus d’intérêt que les précédentes

8 décembre
2014

À quelques jours de la publication des derniers décrets et de la mise en œuvre du compte personnel de formation au mois de janvier prochain, comment les entreprises abordent-elles la réforme ? « On voit monter leur intérêt pour cette réforme, beaucoup plus que pour les précédentes. L’ensemble des Opca ont organisé des réunions et l’affluence est importante », explique Jean-Marie Marx, président du Cnefop [1], à l’occasion du colloque « Nouvelle vie », organisé par la DGEFP [2] et l’Agence éducation et formation, le 26 novembre.

L’intérêt pour cette réforme de la part des entreprises est confirmé par l’ensemble des intervenants, néanmoins seront-elles prêtes à mettre en œuvre des outils comme le CPF ou encore l’entretien professionnel dès l’année prochaine ? « Selon un sondage que nous avons réalisé, 31 % des dirigeants d’entreprise de moins de 500 salariés mènent des entretiens professionnels. Cela démontre que les PME ne seront pas nécessairement rétives à la mise en place de cet outil, même si évidement une évolution de cette ampleur est progressive et prend du temps. Par ailleurs, l’une des critiques lors du lancement du Dif était qu’il n’y ait pas de garant d’accès à ce droit, avec le CPF, la Caisse des dépôts et consignations jouant le rôle de tiers de confiance, pour 40 millions de comptes », explique Joël Ruiz, le directeur général d’Agefos-PME.

Comment répondre aux ayants droit ?

Dans ce contexte, Joël Ruiz estime que la première difficulté ne sera pas le financement du dispositif, car la montée en puissance sera progressive. Ainsi, l’enjeu urgent sera de répondre aux demandes d’information. « Il ne faut pas raisonner en termes de budget annuel, car la première année il y aura peu de demandes. Nous ferons chez Agefos-PME une avance de fonds via les fonds mutualisés du plan de formation pour lancer les premiers projets. Il est primordial de réussir les premiers dossiers, il faut des ambassadeurs. Seulement, la première problématique sera de savoir ce que l’on répondra au téléphone aux ayants droit qui nous appellerons dès janvier. Nous évaluons à 300 000 les demandes d’information téléphoniques que nous recevrons les deux premiers mois, soit un peu moins de 5 % de nos bénéficiaires. »

« Nous réfléchissons avec la Caisse des dépôts et consignations à la création d’une hot-line pour répondre aux questions des ayants droit, notamment quand nous aurons lancé les campagnes de communication auprès du public. Néanmoins, il y aura d’autres interlocuteurs, l’entreprise en premier lieu, mais aussi les conseillers en évolution professionnelle », explique de son côté Emmanuelle Wargon, déléguée générale à l’emploi et à la formation professionnelle. « C’est aussi notre responsabilité de nous adresser aux 95 % de salariés qui n’ont pas accès généralement à la formation professionnelle. Il est indispensable pour être légitime que cette réforme s’applique », explique Jean-Marie Lambert, le directeur ressources humaines du groupe Veolia.

Cédric Morin
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 28 novembre 2014.

[1Conseil national de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles.

[2Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle.

Mis en ligne le 8 décembre 2014
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