« Nous passons de l’obligation de dépenser à l’obligation de penser » (Emmanuelle Wargon)

4 décembre
2014

Les réformes se suivent, ne se ressemblent pas, mais se complètent. C’est l’un des enseignements de la table ronde co-organisée par la DGEFP [1] et l’Agence éducation formation sur le thème « La formation professionnelle au cœur du réacteur RH de l’entreprise », le 26 novembre. « Les enjeux d’appropriation de la réforme sont plus compliqués qu’avec celle de 2009. Car les outils ne peuvent pas être mis en place de manière isolée, ils doivent l’être de manière coordonnée, avec comme nouvelle donne à intégrer dans la stratégie ressources humaines, la qualification », explique Pascale Dartois, la directrice générale du Fonds d’assurance formation du travail temporaire.

« Nous passons de l’obligation de dépenser à l’obligation de penser », résume pour sa part Emmanuelle Wargon, déléguée générale à l’emploi et à la formation professionnelle, pour souligner l’ampleur d’une réforme qui poursuit la modernisation du système, initiée par les précédentes. « La réforme de 2009 a permis d’impulser une solidarité territoriale, aujourd’hui plus aucune entreprise ne critique leur participation financière à la formation pour les demandeurs d’emploi. Nos directeurs d’agence raisonnent de plus en plus en termes de besoins en compétences à l’échelle d’un bassin d’emploi. Le CPF [2] sera le point de convergence entre les aspirations individuelles, les besoins d’une entreprise et d’un territoire », explique Pascale Dartois.

Une réforme cruciale pour la compétitivité

Par ailleurs, selon Jean Wemaëre, président de la Fédération de la formation professionnelle (FFP), les outils créés par la réforme et l’approche de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences qu’ils impliquent sont des atouts stratégiques et indispensables pour faire face aux besoins des entreprises de demain. « Nous sommes face à un triple courant, le premier c’est l’évolution des métiers, 30 % de ceux de demain sont ignorés dans le domaine des nouvelles technologies notamment. Deuxièmement, le capital machine n’est plus le premier facteur de production, c’est l’homme, et enfin, l’éducation et la formation sont les premiers moteurs de croissance selon l’OCDE. Ces évolutions impliquent pour ces dernières d’initier une démarche de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, mais aussi son évaluation. »

Cédric Morin
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 28 novembre 2014.

[1Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle

[2Compte personnes de formation.

Mis en ligne le 4 décembre 2014
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