La réforme de la formation encore mal connue par les TPE-PME (baromètre Agefos-PME / Ipsos)

2 décembre
2014

Les TPE et PME ont une connaissance très limitée de la réforme de la formation professionnelle, tel est l’un des enseignements du 23ème baromètre emploi-formation d’Agefos-PME [1] présenté ce mercredi 26 novembre lors d’une conférence de presse organisée à Paris. Il révèle que 70 % des entreprises reconnaissent méconnaître les modifications introduites pas la loi du 5 mars 2014 et 21 % concèdent en avoir une connaissance succincte. Des chiffres relativisés par les instances dirigeantes de l’Opca. « Nous avions relevé des proportions équivalentes lors de la dernière réforme. Il faut environ trois ans pour que les entreprises s’emparent des dispositifs », explique Joël Ruiz, directeur général d’Agefos-PME. D’où la nécessité pour l’Opca d’informer ses entreprises. « Agefos-PME a déjà animé plus de 600 réunions sur tout le territoire et communiqué à cette occasion auprès de plus de 18 000 collaborateurs. Nous continuons le travail avec nos équipes terrain qui accompagnent au quotidien notre réseau d’entreprises », confie Philippe Rosay, président national d’Agefos-PME.

Dans le détail, les entreprises interrogées laissent paraître un certain pessimisme quant aux dispositifs mis en œuvre par la nouvelle loi. 69 % pensent qu’il sera difficile de faire évoluer leurs collaborateurs au moins une fois tous les six ans pour répondre aux exigences de l’entretien professionnel [2] et 75 % pensent qu’il sera difficile de permettre à leurs collaborateurs d’obtenir une certification tous les six ans. Pour ce qui est du Compte personnel de formation, 32 % estiment qu’il intéressera leurs salariés.

Moins confiance dans l’alternance

Le baromètre indique également que la formation professionnelle est perçue par 61 % des TPE-PME comme le meilleur moyen de répondre aux besoins de qualification dans l’entreprise. Un taux en constante augmentation depuis quelques années, talonné par le recrutement de personnel qualifié et opérationnel. En revanche, le recrutement en alternance comme vecteur de montée en compétences réalise une chute de dix points par rapport à l’année dernière. Seulement 47 % des entreprises pensent que les contrats en alternance permettent également de répondre à leurs besoins de qualification, contre 57 % l’année précédente. « Le message que l’on perçoit, c’est que le dispositif n’est plus considéré comme soutenu par l’État. Si ça continue, on peut présager un véritable effondrement de l’apprentissage. »

30 % des TPE- PME avancent un budget en hausse pour la formation. Et c’est le plus souvent pour faire vivre une politique volontariste en la matière que les budgets évoluent. 37 % déclarent le faire en ce sens, contre 28 % l’année dernière. Toutefois, beaucoup de disparités apparaissent selon la taille des entreprises. 42 % perçoivent la formation comme une obligation, voire une charge et 42 % comme un levier de développement. « À y regarder de plus près, on se rend compte que plus l’entreprise est petite, plus la formation est vécue comme une charge, et inversement », commente Laurence Carlinet, directrice du développement d’Agefos-PME.

Célia Coste
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 27 novembre 2014.

[1réalisé avec Ipsos

[2La loi du 5 mars introduit la généralisation des entretiens tous les deux ans et pour toutes les entreprises. La loi prévoit également la tenue d’un rendez-vous tous les six ans entre l’employeur et le salarié pour faire un état des lieux récapitulatif de son parcours professionnel. Le bilan dressé pourra faire état de formations passées, des acquis de certification (par la formation ou la validation des acquis de l’expérience) et de la progression salariale ou professionnelle. Dans les entreprises de plus de 50 salariés, s’il n’a pas eu d’entretien ou bénéficié d’au moins deux de ces éléments, le salarié verra son compte personnel de formation abondé de cent heures.

Mis en ligne le 2 décembre 2014
Publicité

catalogue 2018-2019