Le Copanef dévoile une première liste des certifications éligibles au compte personnel de formation

1er décembre
2014

Au terme d’un premier processus de tri, le Comité paritaire national de l’emploi et de la formation (Copanef) a dévoilé, mercredi 26 novembre, une première ébauche de la liste nationale interprofessionnelle des certifications éligibles au compte personnel de formation. Y figurent les 482 titres inscrits au RNCP [1] sur lesquels les partenaires sociaux se sont entendus auxquels s’ajoutent près de 3 600 certifications remontées des branches professionnelles. Mais la liste devrait encore s’allonger d’ici le 5 janvier 2015, date à laquelle elle sera accessible en ligne au grand public.

Bien sûr, ce n’est qu’un début. « Nous avons posé le premier étage de la fusée dans le paysage » a résumé Christian Janin, le président (CFDT) du Comité. D’ores et déjà, plusieurs mises à jour de la liste sont programmées à l’agenda : la première en février, une deuxième entre mai et juin et une troisième en octobre, au fur et à mesure de l’examen et de la sélection des certifications proposées par les branches professionnelles et des comités régionaux de l’emploi et de la formation (Coparef). Et de la chasse aux doublons. « Nous sommes dans une démarche de work in progress » indiquait Florence Poivey, la vice-présidente (Medef) de l’instance.

RNCP et LNI : l’inadéquation

Approuvée le 25 novembre par une majorité renforcée des membres du Copanef (CFDT, CGT, FO, CFTC et Medef se sont exprimés pour ; CFE-CGC, CGPME et UPA, contre), la première liste interprofessionnelle (LNI) comprenant 482 certifications correspondant à des métiers-supports transversaux sera soumise pour examen au Conseil national de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelle (Cnefop) le 16 décembre prochain avant d’être accessible au grand public par le biais du site moncompteformation.gouv.fr début 2015. Une première ébauche établie en triant parmi les quelques 2 500 titres inscrits au RNCP pré-sélectionnés par les consultants Ambroise Bouteille et Jean-Pierre Willems. Et un premier écrémage puisque 87 % des titres retenus par les cabinets d’experts correspondaient à des titres de niveau Licence ou Master professionnels, peu conformes aux besoins des salariés ou des demandeurs d’emploi. « Est-ce que ça aurait eu du sens d’afficher des qualifications inaccessibles aux trois-quarts des utilisateurs ? Il a fallu trancher » a reconnu Christian Janin. D’autant qu’à l’usage, les membres du Copanef ont pu constater l’inadéquation entre le RNCP tel qu’il est et leur besoin de constituer des listes de certifications entrant en conformité avec les besoins économiques des entreprises et des territoires. « Normal puisque le RNCP n’a pas été conçu pour ça », a précisé le président du Comité, proposant une reconfiguration du répertoire.

Toutefois, en dépit de cette sélection, les certifications post-baccalauréat demeurent encore largement majoritaires au sein de la LNI. 32 % des titres retenus correspondent à des niveaux 1 (bac + 4 et au-delà) et 37 % à des niveaux bac + 3, répartis dans neuf domaines professionnels (accueil, commerce-achats, communication, comptabilité-finance, juridique, logistique, management, ressources humaines et secrétariat. À quoi devrait prochainement s’ajouter une nouvelle ligne sur les métiers du marketing. Si ce répertoire correspond aux grandes lignes de ce qui sera dévoilé le 5 janvier, il n’est pas figé pour autant puisqu’il devrait s’ouvrir à d’autres titres, de niveaux inférieurs, afin de contrebalancer la prédominance des formations supérieures.

Les certifications des CPNE de branches intégrées au fur et à mesure

Les Commissions nationales paritaires de l’emploi (CPNE) des branches professionnelles, pour leur part, s’étaient vues sollicitées dès septembre pour faire remonter au Copanef leurs propres listes de certifications. Au 15 novembre – date-butoir pour figurer sur la liste publiée le 5 janvier – 41 s’étaient manifestées et 34 listes avaient été examinées par les partenaires sociaux. « À elles toutes, ces 41 branches représentent 7,5 millions de travailleurs, soit 32 % de la population salariée » a précisé le président de l’instance. Au total, les membres du Copanef en ont retenu quelques 3 600. Parmi les branches qui se font attendre : la métallurgie, l’informatique, la propreté ou le transport dont les commissions paritaires nationales de l’emploi n’ont toujours pas transmis leurs titres et certifications. Lesquels figureront donc sur une des listes publiées ultérieurement en 2015. « Au fur et à mesure que les informations nous remonteront, la liste comprendra de moins en moins de diplômes et de plus en plus de formations courtes ou de titres professionnels » a souligné Christian Janin.

Work in progress permanent, l’établissement complet de la liste devrait prendre trois ou quatre ans. En attendant, les membres du Copanef vont être amenés à observer, trier, sélectionner, rejeter, valider agglomérer, chasser les doublons. « Personne au Copanef ne prétend avoir accompli un travail parfait » a concédé son président, « mais nous avons réussi à forger la philosophie qui permet de prendre les décisions ».


Des listes régionales « qui doivent balayer large »

Alors que le Copanef révélait, le 26 novembre au matin, sa première liste évolutive ; le colloque Nouvelle vie professionnelle, organisé par l’AEF, tenu l’après-midi même a été l’occasion pour l’Association des régions de France – représentée par sa vice-présidente formation, Pascale Gérard – de faire connaître ses désidératas quant aux contenu des listes régionales. « Elles doivent balayer large, en évitant absolument la tentation d’interdire ou de rendre difficile la mobilité inter-régionale » a avancé l’élue provençale, plaidant pour l’adéquation entre les listes éligibles des régions et les programmes régionaux de formation existant déjà en faveur des demandeurs d’emploi. Mais aussi pour une répartition a priori des financements du Fonds de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) en direction des Conseils régionaux. « Si ces financements arrivent a posteriori dans le budget des régions alors que les programmes sont déjà établis, ils ne serviront qu’à faire de l’optimisation budgétaire ».

Benjamin d’Alguerre
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 27 novembre 2014.

[1Répertoire national des certifications professionnelles

Mis en ligne le 1er décembre 2014
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