La moitié des adhérents de la Fédération de la formation professionnelle considèrent le compte personnel comme une opportunité

20 novembre
2014

À deux mois de la mise en œuvre de la loi du 5 mars 2014, la Fédération de la formation professionnelle (FFP) affirme que ses adhérents sont « en ordre de marche ». C’est le message délivré par les deux coprésidents de l’Observatoire économique de la fédération, Sylvie Petitjean et Christophe Quesne, lors de la présentation à la presse de sa 17e enquête annuelle, le 17 novembre.
Ce baromètre annuel, mené auprès des 400 adhérents de la FFP, expose les principaux indicateurs économiques de l’année écoulée et donne une vision de l’année à venir.

Dans un contexte de relative stabilité de leur chiffre d’affaires en 2013, les adhérents de la FFP font preuve de détermination : 79 % d’entre eux ont développé des nouvelles fonctions en 2013 ; dont 42 % dans les fonctions commerciales, 22 % en recherche-développement ; 17 % en numérique et 16 % en communication. Cette mobilisation fait dire à Sylvie Petitjean que « les organismes investissent dans le capital humain pour répondre aux demandes croissantes des clients : il va falloir mieux former, moins longtemps, et de manière individualisée en utilisant les technologies numériques ». La Fédération note avec satisfaction que 94 % de ses adhérents sont engagés dans une démarche qualité (OPQF, NF, Iso) – une condition sine qua non deux ans après l’adhésion à la FFP... – ce qui « participe à la lisibilité de l’offre et à la promotion d’une conception exigeante et ambitieuse de la formation », selon Christophe Quesne. Autre preuve d’une anticipation de la réforme : 64 % des adhérents proposent des formations certifiantes ou diplômantes, dont 22 % validées par une certification professionnelle maison (CP FPP). Cette part des formations qualifiantes représente 32 % du chiffre d’affaires total.

De l’optimisme

Les organismes savent que l’esprit de la loi consiste à faire « plus avec moins ». Ils sont également conscients du contexte de forte concurrence de leur secteur, de la baisse des financements publics et de la pression par les prix, ressenties comme des préoccupations principales. L’expansion géographique est une tendance forte des organismes de formation pour aller chercher de la croissance. Déjà fortement ancrés dans les territoires (3/5 ont un rayonnement régional), ils sont 72 % à appuyer leur stratégie de croissance par une expansion géographique.

Et un certain optimisme reste de mise, avec des attentes fortes concernant le compte personnel de formation. Celui-ci apparaît ainsi comme une opportunité de développement pour un organisme sur deux, l’entretien professionnel pour 38 % d’entre eux, et la FOAD pour 33 %. La réforme est donc perçue comme une opportunité et la Fédération qui a défendu le CPF comme un outil de sécurisation des parcours s’en félicite.

Adapter l’offre et la stratégie commerciale

Les adhérents espèrent ainsi maintenir une stabilité économique en 2015, tout en manifestant la nécessité d’une adaptation de leur stratégie commerciale (73 %), de leur offre de formation (70 %), de leur politique de prix (45 %) et du renforcement des compétences de leurs salariés (40 %). « Les résultats de l’enquête démontrent que les adhérents se sont approprié les grands enjeux de la réforme », a souligné Emmanuelle Pérès, déléguée générale de la FFP, qui attend les derniers décrets (notamment celui dédié à la qualité) et l’inventaire des formations pour que se concrétisent ces bons augures.

La FFP rassemble 400 organismes de formation privés et 2 000 établissements, sur les 18 000 organismes privés français qui ont la formation pour activité principale. Les organismes adhérents de la FFP forment 3 millions de personnes par an, et génèrent un chiffre d’affaires cumulé de 1,5 milliard d’euros, sur un total de 8 milliards.

Christelle Destombes
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 18 novembre 2014.

Mis en ligne le 20 novembre 2014
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