Les employeurs de la branche du sanitaire, social et médico social dénoncent tous les accords formation

15 septembre
2014

La commission paritaire de la branche sanitaire, sociale et médico-sociale privée à but non lucratif du 3 septembre dernier, devait être marquée par l’ouverture des négociations sur l’adaptation des accords formation à la réforme du 5 mars 2014. Seulement l’évènement de la journée a été la dénonciation de l’ensemble des accords existants par Unifed qui regroupe les cinq organisations patronales du secteur. Trois principales revendications ont conduit le syndicat à prendre cette décision : la refonte du système de gouvernance d’Unifaf, l’Opca de branche ; l’augmentation, dans sa collecte, de l’enveloppe attribuée à la part conventionnelle. Troisièmement : réduire la proportion du budget consacrée aux formations qualifiantes.

« Aujourd’hui, il y a dans chaque collège 10 membres, cela ne nous semble pas équilibré et non représentatif du poids réel de chacun. Nous souhaiterions que chaque collège dispose de 12 sièges, ce que refusent les organisations syndicales. Sud vient de rentrer au collège salarié et ça redistribue les cartes », explique Thierry Mathieu, président d’Unifed. L’organisation patronale souligne qu’elle travaillera avec chacun, mais de toute évidence, l’objectif est de réduire le pouvoir d’une organisation syndicale dans la crainte qu’elle campe sur des postures oppositionnelles.

Désaccord budgétaires

Le deuxième point de mécontentement concerne les conséquences de la nouvelle contribution des entreprises à la formation professionnelle. Selon les estimations de l’Unifed, elle devrait entraîner une baisse de la collecte de 220 millions d’euros, pour plafonner à 280 millions d’euros dès 2015. « Nous allons avoir un problème d’alimentation à la source, il va se reproduire à la sortie, c’est pourquoi nous avons dénoncé les accords et que nous pensons qu’il faut revoir complétement le contenu des formations », poursuit Thierry Matthieu. Troisième raison étroitement liée à ce contexte, l’organisation patronale voudrait voir baisser les budgets attribués aux formations qualifiantes. « Nos adhérents sont des acteurs de terrain qui ont des besoins sur mesure, la part conventionnelle ne doit pas être la variable d’ajustement ».

La réaction patronale a créé un tollé du côté des six organisations syndicales de salariés, qui se réuniront le 10 septembre prochain pour décider des suites à donner, tandis que la prochaine commission paritaire de branche se tiendra le 16 septembre. « Les rapports sont houleux depuis plusieurs mois avec l’Unifed. Ils disent que les négociations sont difficiles depuis plusieurs années et qu’ils dénoncent l’ensemble des accords pour éviter d’avoir une mille-feuille à traiter. Nous croyons plutôt que c’est une manière de mettre la pression avant d’entrer réellement dans les négociations », considère Noëlle Raynier, négociatrice pour la CFE-CGC et administratrice d’Unifaf.

Cédric Morin
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 9 septembre 2014.

Mis en ligne le 15 septembre 2014
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