2. L’offre de services du conseil en évolution professionnelle

L’offre de services du conseil en évolution professionnelle se structure autour de trois niveaux :
- premier niveau : un accueil individualisé ;
- deuxième niveau : un conseil personnalisé ;
- troisième niveau : un accompagnement à la mise en œuvre du projet professionnel.

Ces différentes étapes du processus de conseil en évolution professionnelle n’ont pas vocation à être toutes systématiquement mises en œuvre. Cela dépendra des souhaits et des besoins du bénéficiaire, en fonction notamment de son degré d’autonomie et de la maturation de son projet.
A titre d’exemple, une personne peut souhaiter simplement un temps d’échange avec un conseiller pour prendre du recul sur sa situation professionnelle sans mobiliser de services d’appui à la formalisation d’un projet d’évolution professionnelle et d’accompagnement à sa mise en œuvre.
A l’inverse, la personne se présentant avec un projet d’évolution professionnelle abouti et l’identification de la formation nécessaire à sa réalisation pourrait directement solliciter un conseiller sur la validité de son projet de formation et l’assistance à l’ingénierie financière.

2.1. Premier niveau : un accueil individualisé
Cet accueil est réalisé dans les conditions communes à l’ensemble des membres du service public régional de l’orientation (SPRO).
L’accueil permet d’analyser la demande de la personne et d’identifier, le cas échéant, la structure la mieux à même de lui offrir le service adapté à son besoin. Les modalités de cet « aiguillage » doivent être formalisées en amont dans le cadre du SPRO.
A ce premier niveau de service, le bénéficiaire peut accéder à une information sur les tendances socio-économiques, l’emploi, les métiers, les compétences, les qualifications et les formations, prenant en compte l’émergence des nouvelles filières et de nouveaux métiers dans le domaine de la transition écologique et énergétique. Elle est actualisée, territorialisée sur la base de diagnostics territoriaux et adaptée à un usage grand public pour permettre à chaque personne :
- de mieux appréhender son environnement professionnel et l’évolution des métiers sur le territoire ;
- d’être informée des différents dispositifs existants (services, prestations, formations).
L’information délivrée sur les dispositifs existants peut être dispensée, le cas échéant, dans le cadre de réunions collectives d’information en nombre restreint de bénéficiaires du CEP (ex. : réunion d’information collective VAE) animées par un conseiller.
Le rôle du conseiller consiste à aider le bénéficiaire à se repérer dans le paysage des informations, des services et des outils disponibles (espace ressources documentaires, espace info bilan, portails d’informations et tutoriels…), à découvrir un ou plusieurs environnements professionnels et/ou métiers et à acquérir une méthode d’analyse de l’information.
Le premier niveau d’accueil individualisé doit permettre au bénéficiaire d’analyser sa situation professionnelle, de décider de la poursuite ou non de ses démarches et d’identifier les acteurs susceptibles de l’y aider.

2.2. Deuxième niveau : un conseil personnalisé
Le conseil personnalisé est délivré par les opérateurs du CEP. Les différents publics bénéficiaires relèvent de la responsabilité institutionnelle des organismes qui, dans le cadre de leurs missions, sont chargés de leur suivi et de leur accompagnement.
Chaque bénéficiaire du CEP est dès lors suivi, au sein de l’opérateur CEP qui le prend en charge, par un référent qui sera son interlocuteur tout au long du processus de conseil et d’accompagnement de son projet d’évolution professionnelle, de l’élaboration à sa réalisation (niveaux 2 et 3).
Le conseil personnalisé s’inscrit dans une démarche dynamique et itérative. Il est adapté à la situation de la personne, à son besoin et à son degré d’autonomie ainsi qu’à sa problématique d’évolution professionnelle.
Il doit permettre au bénéficiaire :
- de clarifier sa demande et de préciser ses priorités en matière d’évolution professionnelle ;
- d’identifier ses compétences, en particulier celles qui seraient transférables dans une perspective de mobilité, et celles à acquérir pour améliorer sa qualification et favoriser son évolution professionnelle (besoins de formation) ;
- d’identifier les emplois correspondant aux compétences dont il dispose ou qu’il serait susceptible d’occuper en complétant ses compétences ;
- de bénéficier d’une méthodologie de construction du projet professionnel, notamment en matière de recherche d’un environnement professionnel correspondant à ses aspirations ;
- de définir son projet professionnel et d’en apprécier la faisabilité au regard des opportunités identifiées.
Il implique une co-construction avec la personne de son projet d’évolution professionnelle reposant sur deux principes :
- la prise en compte de son degré d’autonomie et du niveau de maturation de son projet ;
- le respect de son initiative, de ses souhaits et du rythme d’avancement de son projet.
Le respect de ces principes de co-construction doit permettre d’éviter une approche prescriptive du CEP et conditionne la réussite du projet d’évolution professionnelle. Il doit en conséquence faire l’objet d’une attention particulière des opérateurs du conseil en évolution professionnelle.
Lorsque la personne exprime un projet d’évolution professionnelle, elle bénéficie d’un appui à la construction et la formalisation de ce projet ainsi qu’à l’élaboration d’une stratégie, selon des modalités déterminées au préalable avec le conseiller.
La définition d’une stratégie conduit la personne, avec le soutien du conseiller, à étudier l’opportunité et la pertinence d’un parcours de formation et/ou de VAE et du recours à une ou plusieurs prestations complémentaires au service de la réalisation de son projet.
Dans cette perspective, le conseiller et le bénéficiaire, au regard de sa situation, procèdent ensemble notamment :
- à l’analyse des conditions de réalisation du projet ;
- à l’exploration des éventuels besoins de formation et prérequis exigés ;
- à l’examen de la pertinence d’une reconnaissance des acquis de son expérience ;
- à l’identification des programmes de formation mobilisables et des éventuelles certifications afférentes ;
- à l’étude de l’opportunité du recours à une ou plusieurs prestations complémentaires.
Le deuxième niveau de conseil personnalisé doit permettre au bénéficiaire de formaliser son projet d’évolution professionnelle et d’y assortir une stratégie.

2.3. Troisième niveau : l’accompagnement personnalisé à la mise en œuvre du projet
Lorsque le projet d’évolution professionnelle de la personne et la stratégie associée sont formalisés, l‘opérateur du conseil en évolution professionnelle doit contribuer à en faciliter la concrétisation. C’est l’objet de l’accompagnement personnalisé.
Cet accompagnement est assuré par l’opérateur du CEP qui a pris en charge la personne, soit dès le niveau 2 dans l’appui à la formalisation du projet, soit en accès direct au niveau 3 lorsque le projet présenté par la personne est abouti.
Le référent affecté en niveau 2 au suivi d’un bénéficiaire assure la continuité de service. Pour la personne se présentant directement en niveau 3 avec un projet d’évolution professionnelle réfléchi, assorti le cas échéant d’un besoin de formation, un référent lui est affecté.
La définition d’un plan d’actions pour la mise en œuvre du projet d’évolution professionnelle
Sur la base d’un projet et d’une stratégie formalisés, le bénéficiaire et le conseiller co-construisent un plan d’actions qui comprend :
- les étapes et les objectifs intermédiaires pour la réalisation de son projet d’évolution professionnelle ;
- les différentes actions à conduire pour chacune de ces étapes ;
- le cas échéant, le parcours de formation envisagé ;
- les dispositifs et prestations à mobiliser ;
- le plan de financement ;
- et, à titre indicatif, un calendrier prévisionnel.
Lorsque le plan d’actions requiert l’aménagement d’un parcours de formation (ex. : au regard d’une validation partielle des acquis de l’expérience) ou d’une prestation de service (ex. : bilan de compétences), le conseiller prend contact avec le financeur et/ou le prestataire, et étudie avec eux les possibilités d’adaptation de la durée, du contenu et, le cas échéant, du coût de la formation ou du service.
Le plan de financement étant consubstantiel à la définition du plan d’actions, il appartient au conseiller en lien avec le bénéficiaire de vérifier la faisabilité de son projet.

L’ingénierie financière
Lorsque le plan d’actions, co-construit par le bénéficiaire et son conseiller, prévoit une ou plusieurs actions impliquant un financement dédié (ex. : une formation, un accompagnement à la VAE ou une prestation complémentaire), le conseiller en examine la faisabilité financière et recherche les financements adaptés à son projet et à sa situation, et, le cas échéant, alerte au sein de son organisme, afin que soient mobilisés les acteurs et les dispositifs existants, le cas échant dans un cadre collectif propre à chaque région, permettant la finalisation du projet en cas de défaut ou d’insuffisance de financement.
A ce titre, le conseiller :
- identifie les financeurs potentiels, y compris dans le cas d’un projet de formation mobilisant le compte personnel de formation ;
- vérifie les critères d’éligibilité et les conditions de recevabilité financières ;
- prend contact pour le compte du bénéficiaire avec les financeurs afin soit d’assurer la couverture entière du coût de l’action projetée, soit de diminuer le reste à charge pour le bénéficiaire.

La révision possible du plan d’actions
Si des éléments viennent remettre en cause le projet d’évolution professionnelle, le conseiller reconsidère alors la situation du bénéficiaire et, si nécessaire, examine avec lui les modalités de son aménagement et actualise le plan d’actions.
Le troisième niveau d’accompagnement à la mise en œuvre du projet d’évolution professionnelle doit permettre au bénéficiaire de disposer d’un plan d’actions et d’un soutien global à la réalisation de son projet.

Mis en ligne le 22 août 2014
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