Le transfert des heures de Dif vers le compte personnel de formation au programme de la (dernière ?) concertation quadripartite

23 juillet
2014

Ultime réunion, mercredi 16 juillet, pour la concertation quadripartite qui devrait – idéalement – céder sa place au Conseil national de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelle (Cnefop) à la mi-septembre.

Même si, pour des raisons de navette réglementaire et de pause estivale, certains croient peu à l’avènement du Conseil à la date prévue. Sans impact majeur sur ses travaux, d’ailleurs, puisque si le Cnefop ne devait pas voir le jour selon le planning prévu, la concertation se poursuivrait sous sa forme actuelle pour poursuivre ses débats.

Deux points majeurs à l’ordre du jour de cette séance. La présentation, par la Caisse des dépôts et consignations du portail internet de gestion du compte personnel de formation (CPF) par ses usagers et la question de la transition des crédits d’heures acquis au titre du Dif sur le compte afin de l’alimenter dès le 1er janvier 2015, date de son entrée en vigueur. Une question à l’origine de quelques haussements de voix lors de la concertation, puisque corrélée à la nécessaire information des salariés de l’état de leurs compteurs Dif en fin d’année 2014 par l’employeur. De quoi faire bondir les représentants de la CGPME, vent debout contre une obligation perçue comme une charge supplémentaire pesant sur les entreprises, notamment les plus petites. Une réaction jugée « excessive » par Franck Mikula, secrétaire national de la CFE-CGC en charge des questions d’emploi et de formation. « Mais c’est le jeu de la CGPME depuis longtemps que de se braquer contre toute obligation administrative pesant sur l’employeur en arguant que cela créerait des charges supplémentaires sur les PME ». Car à en croire Jean-Marie Marx, le président de la quadripartite, le but de l’opération reste avant tout l’information des salariés sur le transfert de leurs heures de Dif non consommées vers le compte personnel de formation afin de créer de l’appétence pour ce dispositif. « Permettre aux salariés de transférer eux-mêmes leur crédit Dif vers le CPF, c’est un moyen de leur permettre de s’emparer de ce nouvel outil, de les informer qu’il peut mener à des certifications diplômantes et à créer une réelle dynamique d’évolution professionnelle ».

Accompagner tous les publics dans la maîtrise du compteur CPF

À condition, cependant, que l’interface informatique puisse être facilement prise en main par les usagers titulaires d’un compte. « C’est un bel outil, mais je redoute un peu que des publics éloignés de l’emploi ou peu familiers de l’usage d’Internet ne rencontrent des difficultés à l’utiliser et, donc, se découragent et y renoncent » avouait Yannick Soubien, vice-président du Conseil régional de Basse-Normandie, représentant de l’Association des régions de France (ARF) à la table de la concertation. Un sujet dont les futurs Comités régionaux de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelle (Crefop) devront tenir compte, en intégrant cette problématique aux missions des opérateurs du conseil en évolution professionnelle (CEP). « Dommage qu’à cette occasion, on ait peu parlé du rôle des services publics régionaux de l’orientation » a regretté l’élu normand. Un groupe de travail spécifique au CEP devrait d’ailleurs voir le jour à mi-septembre. Il devrait rassembler tous les acteurs siégeant dans le futur Copanef (syndicats et mouvements patronaux), mais aussi les régions et les futurs opérateurs de ce conseil (missions locales, Opacif, etc.) pour plancher sur les questions techniques relatives à ce nouveau droit.

Le portail CPF devrait être opérationnel début novembre en prévision de l’activation des comptes trois mois plus tard et de leur promotion auprès du grand public par le biais d’une campagne de communication. La date limite, cependant se rapproche. « 2015 risque d’être l’année-charnière pour le succès du CPF, même s’il reste des questions en suspens sur les abondements » a prédit Yannick Soubien, « mais il faut y aller, ne pas prendre de retard et mettre en place un observatoire du compte immédiatement après son lancement. Nous devons tous être au rendez-vous le 1er janvier 2015 ».

Benjamin d’Alguerre
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 17 juillet 2014.

Mis en ligne le 23 juillet 2014
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