La réforme ne devrait pas avoir d’impact négatif sur les investissements en formation professionnelle (enquête ADP)

11 juillet
2014

Selon l’enquête réalisée par le cabinet d’externalisation des ressources humaines ADP, publiée le 26 juin dernier, plus de 80 % des responsables d’entreprise investissent au-delà de la contrainte légale dans la formation professionnelle, et pour 60 % d’entre eux, cette dernière n’aura pas d’incidence sur les montants consacrés. Par ailleurs, en dépit de toute idée reçue, l’importance accordée à la formation professionnelle est importante dans les entreprises de moins de 50 salariés dont 53 % vont au-delà du seuil actuel de 1,6 % de la masse salariale, et 16 % au-delà de 3 %. « Seulement 21 % des sociétés interrogées prévoient de réduire leur budget de formation. J’avoue être agréablement surpris : je m’attendais à pire ! Notamment du côté des PME », explique Eddy Corcos, le directeur de l’activité Human capital management d’ADP.

Autre enseignement de l’enquête, une majorité (53%) des 221 cadres qui ont rempli le questionnaire attendent encore des précisions sur le compte personnel de formation et sa déclinaison dans leur branche. Deux grandes tendances qui peuvent sembler antinomiques émergent dans la perception du CPF, car 20 % de ces professionnels envisagent de laisser leurs collaborateurs gérer leur propre compte, tandis que 28 % escomptent que ce dispositif favorise l’accès à des formations certifiantes, liées à la stratégie de l’entreprise. Le CPF, un outil de coresponsabilisation sur la politique formation de l’entreprise ? Eddy Corcos n’en doute pas, à condition que les listes de cursus éligibles correspondent aux besoins de toutes les parties prenantes. « Le pari de la réforme est que le CPF réussisse là où le DIF a échoué, ce qui dépendra de l’adéquation de l’offre de formation avec les besoins de la branche, des entreprises et des salariés. »

En revanche, le pari de la simplification ne semble pas avoir été remporté par la réforme car, pour 57 % des responsables interrogés si les tâches administratives et fiscales sont allégées, la demande et les besoins des collaborateurs seront beaucoup plus chronophages. Néanmoins c’est un mal nécessaire, car pour 52 % d’entre eux, l’entretien professionnel obligatoire tous les deux ans est une opportunité de faire le point avec chaque collaborateur, tandis que seul 9 % estiment que cela peut présenter un risque financier. Il faut dire que la grande majorité des entreprises interrogées pratique déjà régulièrement l’exercice. « Les équipes RH sont les mieux placées pour conduire ces entretiens, mais dans 52 % des cas ce seront les managers et dans tous les cas de figure, ces personnes devront être outillée. » Parmi les outils plébiscités pour ce faire, les responsables attendent un lien entre l’évaluation des compétences et la gestion des formations (22%), un bilan du parcours professionnel (18%) ou encore des alertes sur les échéances de ces entretiens (16%).

Cédric Morin
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 1er juillet 2014.

Mis en ligne le 11 juillet 2014
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