L’Association nationale des DRH propose de fusionner les contrats d’apprentissage et de professionnalisation

9 juillet
2014

« Vos propositions nous intéressent d’autant plus que j’ai souhaité que le ministère de l’Éducation nationale soit présent à la conférence sociale de manière à faire sauter la barrière factice entre les entreprises et le monde scolaire ». Benoît Hamon, ministre de l’Éducation nationale, a porté une attention particulière à la promotion de l’alternance, considéré par l’Association nationale des DRH (ANDRH) comme un moyen incontournable pour favoriser l’emploi des jeunes et répondre aux besoins non satisfaits des entreprises en matière de main d’oeuvre qualifiée pour certains métiers.

Le ministre était invité à s’exprimer dans le cadre des Assises nationales 2014 de l’ANDRH, organisées vendredi 20 juin à Paris.

Pascal Bernard, vice-président de l’Association et parrain de la commission nationale intergénérationnelle, a rappelé que « l’emploi des jeunes est un enjeu majeur ». «  En effet, il y a une véritable attente et une réelle volonté chez les DRH face à un manque de candidats vis-à-vis des métiers en tension (filière technique notamment) ». A ce titre, l’ANDRH propose de « systématiser et de développer une coopération entre le monde de l’entreprise et celui de l’éducation ». Elle revendique « l’instauration pour les enseignants d’un module de connaissance du monde du travail ainsi qu’une période de stages en entreprise tous les 5 ans, assortie d’une formation ». Pour les jeunes, l’Association plaide également pour une systématisation des stages en entreprise (de 1 semaine à 6 mois). Autres doléances : «  mettre en place un partenariat de proximité entre l’entreprise et l’établissement scolaire dans un même bassin d’emploi » ; «  fusionner les contrats d’apprentissage et de professionnalisation en un seul contrat d’alternance dans un souci de simplification » ; ou encore « appliquer aux 3 fonctions publiques le taux de 5 % de jeunes en alternance ».

« Nous avons recréé des écoles supérieures du professorat et de l’éducation qui accueilleront 22 000 professeurs stagiaires en alternance », a fait valoir Benoît Hamon. «  L’appareillage théorique sera confronté à la réalité de l’enseignement en classe. De plus, un module commun leur permettra de connaître le monde économique ». Au sujet de la récente loi relative aux stages dans les entreprises, le ministre a considéré que « la loi doit faire en sorte que le stagiaire ne soit pas dépourvu de droit. C’est une maturité nouvelle en matière d’alternance ». Il répondait à une remarque de Jean-Christophe Sciberras, président de l’ANDRH, selon laquelle «  les DRH risquent d’être découragés par la loi alors même qu’ils veulent accueillir plus de jeunes ».

Par ailleurs, l’attention de Benoît Hamon est « concentrée sur la filière professionnelle car celle-ci cible l’insertion des jeunes sur le marché du travail (cas du bac professionnel par exemple) ». Cependant, il reconnaît qu’aujourd’hui «  il y a un décalage entre le diplôme et ce qui est attendu par les branches professionnelles ». « La difficulté, a-t-il ajouté, est qu’il faut trois ans pour renouveler un diplôme. Sur ce point, nous pouvons faire beaucoup mieux pour adapter les diplômes. Il s’agit de réfléchir à des blocs de compétences qui constitueraient ces derniers ».

Philippe Grandin
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 23 juin 2014.

Mis en ligne le 9 juillet 2014
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