La réforme poursuit la décentralisation de la formation professionnelle selon la DGEFP

7 juillet
2014

À l’occasion des entretiens de la formation professionnelle du 19 juin organisés par le Garf [1], les partenaires sociaux comme les représentants des Régions et de l’État se sont accordés pour dire que la réforme parachève la décentralisation du secteur. « Les Coparef [2] vont institutionnaliser à l’échelle régionale la gouvernance des politiques de formation par les partenaires sociaux, comme le fera le Copanef [3] à l’échelle nationale. Par ailleurs, la loi donne de nouvelles compétences aux Régions qui parachèvent la décentralisation des dispositifs de formation professionnelle, pour les publics spécifiques comme les prisonniers ou les personnes handicapées. De même, les Régions coordonneront les missions de services publics d’orientation à l’échelle régionale », explique Jean-Marie Huart, sous-directeur des politiques de formation et du contrôle à la DGEFP [4].

Autre aspect positif de cette réforme et de la régionalisation induite, l’action des Régions, des partenaires sociaux et de l’État devra être forcément plus coordonnée et les moyens investis devront être optimisés. « C’est un des enjeux fondamentaux de cette réforme pour le FPSPP, il faut dépasser les querelles de statut pour, par exemple, assurer un continuum permettant de garantir l’accès à la formation des demandeurs d’emploi. D’autres dispositifs de la réforme comme le CPF [5] doivent induire des synergies pour optimiser l’argent investi, en développant notamment des politiques d’achats communes », explique Alain Druelles, le directeur adjoint pour la formation du Medef.

Selon Thierry Briffault, de la direction de la formation du Conseil régional d’Île-de-France, les Régions ont un rôle structurant croissant dans l’élaboration des politiques de formation et sur le recueil des besoins des entreprises. « En Île-de-France, les formations qualifiantes représentent un budget de 106 millions d’euros, nous travaillons avec Pôle emploi, les employeurs et leurs représentants pour identifier les besoins en compétences. Nous consolidons les données récoltées dans ce cadre dans nos échanges avec les partenaires sociaux des différentes branches, nous les croisons ou soumettons avec les travaux de chercheurs pour élaborer nos politiques de formation. Cela nous permet d’avoir un taux d’accès à l’emploi de 67 %, ce qui démontre l’importance du travail d’ingénierie et la loi incite désormais à travailler comme cela. »

Cédric Morin
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 20 juin 2014.

[1Groupement des acteurs et responsables de formation.

[2Conseils paritaires interprofessionnels régionaux pour l’emploi et la formation.

[3Conseil paritaire interprofessionnel national pour l’emploi et la formation.

[4Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle.

[5Compte personnel de formation.

Mis en ligne le 7 juillet 2014
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