Conseil en évolution professionnelle : une ambition forte de responsabilisation des publics (Apec)

5 juin
2014

Alors que le cahier des charges du conseil en évolution professionnelle devrait être dévoilé le 11 juin prochain, l’Agence pour l’emploi des cadres (Apec), l’un des cinq opérateurs [1] retenu par la loi du 5 mars 2014 pour la mise en œuvre du nouveau dispositif d’orientation, se prépare. Bertrand Lamberti, directeur de la stratégie, nous dit comment.

Comme les autres opérateurs du service public de l’emploi, l’Apec n’arrive pas vierge d’expérience en matière de conseil et d’accompagnement. Bertrand Lamberti le rappelle, l’accord national interprofessionnel de 2011 avait déjà placé la sécurisation des parcours professionnels au centre de ses missions. Aussi l’arrivée du conseil en évolution professionnelle lui apparaît-elle davantage comme une « confirmation » et un « enrichissement » que comme une « philosophie » radicalement différente. Le changement dans la continuité, donc, qui n’en amène pas moins « une évolution de l’offre de services et une montée en compétences des collaborateurs pour pouvoir être au plus près des attendus de cette loi comme de la mission de sécurisation des parcours professionnels ». Comparant le conseil en évolution professionnelle à un « accélérateur », le directeur de la stratégie de l’Apec s’attend à ce que le futur cahier des charges reprenne nombre de « fondamentaux » utilisés par l’Apec dans le cadre de sa mission de sécurisation des parcours professionnels. Des exemples ? « L’approche situationnelle, qui place le bénéficiaire au cœur du service rendu », mais aussi les « modalités relationnelles de délivrance des services ». Et d’expliquer : « le conseil en évolution professionnelle a comme cœur de cible les actifs salariés, lesquels représentent quelques 50 % des publics accompagnés par l’Apec, et ont la main sur les modalités de délivrance, distancielle ou présentielle. » Et de prévenir : « Ce sont des fondamentaux structurants si l’on veut rendre captifs ces publics dans cette logique de sécurisation des parcours. »

Une offre de services en test dès le second semestre 2014

Si l’historique de l’opérateur fait sens avec la loi du 5 mars 2014, cela n’exclut toutefois pas une forme de préparation qui ajuste les services au plus près des évolutions attendues. Évoquant d’abord la récente « décision de la gouvernance d’acter une nouvelle organisation du réseau en 15 délégations territoriales mises en œuvre dès cet été » (voir notre article), Bertrand Lamberti souligne l’impact positif de cette modernisation sur la capacité de l’Apec à travailler avec les régions et les services publics régionaux de l’orientation. Autre axe de préparation : l’enrichissement de l’offre de services. Élaboré à partir de propositions formulées au mois d’avril par Bertrand Lamberti, un plan d’intégration du conseil en évolution professionnelle dans l’offre de services devrait être validé par la gouvernance de l’opérateur d’ici à la fin du mois de juin. « En fonction des décisions, nous pourrons commencer dès cet été les sessions d’information et de formation auprès des collaborateurs concernés pour être opérationnels au 1er janvier 2015 ». D’ici là, Bertrand Lamberti évoque « une mise en œuvre "à blanc" dès le second semestre 2014 », de façon à « pouvoir tester le niveau de satisfaction des bénéficiaires » avant même le lancement officiel. Au total, environ 400 collaborateurs sont concernés, très majoritairement des « consultants » et à hauteur d’une cinquantaine de salariés des « conseillers ». Ce qui les distingue ? « Les situations qu’ils gèrent. Le conseiller intervient sur des prestations de premier niveau qui font appel aux techniques de recherche d’emploi, mais qui ne constituent pas en soi la construction et la validation d’un projet professionnel ; le consultant, lui, a une approche beaucoup plus globale de la situation de la personne ». Jusqu’ici centrés sur le projet professionnel, les collaborateurs devront monter en compétences sur le volet formation, « de la constitution du projet jusqu’au conseil en matière d’ingénierie financière de formation ».

Des droits « universels » et « individuels »

« Cœur de métier » de l’Apec en matière de conseil et d’accompagnement, ces prestations ne seront pas sous-traitées mais peuvent en revanche s’enrichir de complémentarités lorsque la problématique l’exige. Ainsi, par exemple, celle de la création/reprise d’entreprise, qui peut amener les boutiques de gestion à travailler en partenariat – et non pas en « subsidiarité » - avec l’Apec. Au-delà de ce cas particulier, Bertrand Lamberti évoque les relations avec les autres opérateurs. Prévoyant une meilleure connaissance des offres respectives, le directeur de la stratégie y voit une manifestation de la « logique d’enrichissement et d’accélérateur », contribuant à « une écologie lisible des acteurs qui concourent à l’évolution professionnelle du salarié ». Et en la matière, salue « l’ambition forte de responsabilisation des publics » amenée par la loi du 5 mars 2014, à travers l’ouverture des « deux droits universels et individuels » que sont le compte personnel de formation et le conseil en évolution professionnelle.

Nicolas Deguerry
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 27 mai 2014.

[1Avec Pôle emploi, Cap emploi, les Missions locales et les Fongecif.

Mis en ligne le 5 juin 2014
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