L’exclusion de la CGT de la direction du Copinef signe "l’abandon de la réflexion collégiale" (Paul Desaigues)

22 avril
2014

Réagissant à l’exclusion de la CGT de la direction du Copinef [1] (voir notre article), Paul Desaigues déplore, en son nom, une pratique qu’il juge contraire à l’organisation traditionnelle du système de formation.

Joint par le Quotidien de la formation, mardi 15 avril, Paul Desaigues commence par contester l’analyse de Christian Janin (CFDT), possible premier futur président du Copinef : « nous ne nous sommes pas opposés à l’ANI [2], nous ne l’avons pas signé, ce qui est quand même très différent ». La nuance ? « Les ANI sont dans une logique du tout ou rien, on ne peut pas être d’accord à 70 ou 80 %. Nous ne l’avons pas signé mais on ne peut pas dire que nous nous sommes opposés puisqu’il contient énormément de choses que nous avons demandées ».

« Une pierre dans le jardin syndical »

Soulignant exposer une position personnelle qui ne reflète pas forcément la position nationale de la CGT, Paul Desaigues se dit surtout déçu de la « façon d’envisager la démocratie » par les quatre signataires [3]. Et de s’appuyer sur l’exemple de la présidence du fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels pour démontrer que la CGT est tout à fait capable de mettre en œuvre un ANI en respectant l’expression de la majorité.

« Nous avions l’habitude de fonctionner dans le cadre de réunions inter-confédérales, là, il y a une pierre dans le jardin syndical avec l’abandon de cette réflexion collégiale. En définitive, il y a eu une concertation à quatre pour exclure la CGT, ce qui est quand même profondément malvenu », estime-t-il : « nous avions des principes de fonctionnement dans le domaine de la formation qui étaient une concertation régulière et permanente, y compris lorsqu’on était pas tous d’accord. A priori, le fait que l’emploi rejoigne la formation nuit complètement à cette habitude et débouche sur la construction d’antagonismes ».

Que des précédents existent ne change rien à l’affaire : « cette logique d’exclusion, nous la combattons partout où elle existe, même s’il y a des Copire [4] ou des Fongecif qui fonctionnent comme cela... ». Et de conclure : « ce qui est quand même fantastique, c’est que c’est contraint par la presse que Christian Janin a envoyé hier (ndr : lundi 14 avril 2014) le projet de délibération à Catherine Perret [5]. Ils n’avaient même pas envisagé de le faire, je trouve ça particulièrement nauséabond, c’est un mauvais démarrage ».

Nicolas Deguerry
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 16 avril 2014.

[1Comité paritaire interprofessionnel national pour la formation professionnelle et l’emploi.

[2Accord national interprofessionnel (ndr : du 14 décembre 2013).

[3CFDT, CFTC, CFE-CGC et FO.

[4Commission paritaire interprofessionnelle régionale de l’emploi.

[5Secrétaire confédérale CGT en charge de la formation professionnelle.

Mis en ligne le 22 avril 2014
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