La nouvelle organisation des Opca face à la réforme

14 avril
2014

Des super Opca. Ou Opca supercollecteurs. Jean-Philippe Cépède, directeur du département Juridique-Observatoire à Centre Inffo a annoncé la couleur. « Le rôle des organismes collecteurs va manifestement connaître de grandes mutations avec la réforme. » L’occasion était donc toute trouvée pour définir les nouvelles missions des Opca avec les acteurs concernés. C’est ce qui a été fait à l’occasion d’une matinée d’information organisée par Centre Inffo ce mardi 1er avril.

La qualification : ligne bleue horizon de la formation pour les Opca

« La loi impose explicitement un nouveau rôle à la formation professionnelle : celui de concourir à l’élévation d’un niveau de qualification. Cela entraîne un changement important au niveau des organismes collecteurs. Nous devons organiser le 1 % [1] avec, en tête, une ligne bleue horizon de fléchage de la formation professionnelle vers la qualification. ». Pour Joel Ruiz, directeur général d’Agefos-PME, organisme collecteur interprofessionnel, cette dimension qualifiante de la formation est une petite révolution. En revanche, à Unifaf, on maîtrise un peu mieux le sujet. « Un euro sur deux est consacré à la qualification dans notre Opca. Cela s’explique certainement par l’univers professionnel réglementé dans lequel nos adhérents évoluent », précise Jean-Pierre Delfino, directeur général d’Unifaf, Opca de la branche sanitaire, sociale et médico-sociale.

Autre point lié à l’apparition du compte personnel de formation : le critère de qualité de la formation. Avait été introduit lors des débats parlementaires un amendement dit « Jouanno » prévoyant un agrément des organismes de formation sur cette base. La commission mixte paritaire l’avait finalement écarté.
Les parlementaires ont préféré confier une nouvelle mission aux Opca sur le contrôle de la qualité des formations qu’elle finance. « Aujourd’hui, il serait difficile de dire quelle formation est qualitative ou non. Nous attendons de voir les critères établis afin de pouvoir nous organiser au mieux en interne », ajoute Jean-Pierre Delfino.

La dernière conséquence, et non des moindres, concerne inévitablement l’information que doivent délivrer les Opca auprès des entreprises adhérentes. Joel Ruiz ne cache pas que cela va représenter une grande charge de travail pour les organismes. « Il va falloir répondre aux nombreux questionnements des salariés et des entrepreneurs, notamment sur la transmutation du DIF vers le CPF. Ce dernier ne sera éligible que pour certaines formations sur le critère de la qualification. Certains salariés vont se demander pourquoi il n’est plus possible à partir du 1er janvier de faire certaines formations qui étaient auparavant éligibles au titre du DIF. » Un suivi intensif qui doit s’organiser au sein des Opca pour accompagner de manière dynamique le changement.

Célia Coste
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 2 avril 2014.

[1Les entreprises de plus de dix salariés devront verser à leur Opca une contribution à hauteur de 1 % de la masse salariale brute.

Mis en ligne le 14 avril 2014
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