Les Unions régionales des organismes de formation militent pour maintenir les apprentissages fondamentaux dans le socle de compétences

28 mars
2014

Le débat continue autour des formations éligibles au compte personnel de formation. Au tour de la Fédération nationale des unions régionales des organismes de formation (Urof) de communiquer son point de vue sur le socle de connaissances et de compétences que les membres de la concertation quadripartite définiront à partir du 2 avril.

C’est par voie de communiqué de presse que le président de la Fédération, Michel Clezio, s’est opposé le 21 mars à la conception exprimée par la CFE-CGC dans nos colonnes (voir notre article).

En effet, Dominique Jeuffrault, secrétaire nationale du syndicat des cadres en charge des questions de formation préconisait un socle de compétences permettant au salarié d’être plus compétitif. Maîtrise d’une langue étrangère ou encore compétences en informatique, le compte personnel de formation doit prendre en compte des formations stratégiques, selon le syndicat. Il se refuse à y intégrer les fondamentaux — lire, écrire, compter — qui selon lui relèvent de l’Éducation nationale et non de la formation continue. Grande erreur, selon Michel Clezio : « Dire aujourd’hui [cela], c’est selon nous gravement déroger à l’esprit que les partenaires sociaux ont voulu donner à leur accord. » L’Ani du 14 décembre 2013 et la loi du 5 mars 2014 ont recentré leur priorité sur les publics les plus sensibles : demandeurs d’emploi, salariés à temps partiel ou encore salariés de faible niveau de qualification. Lutter contre l’illettrisme en délivrant des formations sur les fondamentaux correspondrait donc, selon la Fédération nationale des Urof, à l’esprit de la loi.

Le communiqué de Michel Clezio vise à peser sur les discussions à venir dans le cadre de la concertation concernant les listes éligibles. C’est pour cette raison qu’il somme les participants de cette dernière de ne pas « enterrer, à peine né, l’esprit qui a présidé à l’élaboration de cet accord, esprit que le législateur a eu garde de ne pas altérer ». Pour lui, il ne faudrait pas nier l’importance que pourrait avoir la lutte contre l’illettrisme au niveau de la formation continue. Il accuse, à ce titre, la CFE-CGC de faire preuve d’une « terrible ignorance quant à l’effet de levier que l’élévation des savoirs de base peut avoir en matière de productivité grâce notamment au gain d’autonomie et aux prises d’initiatives qu’il peut induire ».

Célia Coste
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 24 mars 2014.

Mis en ligne le 28 mars 2014
Publicité

catalogue 2018-2019