Force ouvrière ne veut pas réduire la concertation quadripartite à la seule élaboration des listes de formations éligibles au compte personnel de formation

27 mars
2014

Le 1er janvier 2015, date de la mise en œuvre du compte personnel de formation, « va arriver très très vite », a rappelé Stéphane Lardy, secrétaire confédéral en charge de l’emploi et la formation professionnelle à Force ouvrière, au Quotidien de la Formation. Si la pression est retombée après le parcours parlementaire de la loi et son vote, son syndicat se mobilise maintenant pour surveiller l’élaboration des nombreux décrets d’application sur tous les articles (CPF, entretien professionnel, financement, Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels, conseil en évolution professionnelle, etc.) et sur l’objet de la concertation quadripartite qui s’ouvre le 2 avril [1] : l’élaboration des listes des formations éligibles au CPF.

« J’avais demandé que le groupe quadripartite continue à travailler sur des aspects très techniques avec la Caisse des dépôts sur le conseil en évolution professionnelle et pour outiller les branches, notamment sur les listes, car pour certaines cela va être très compliqué. Nous devrons les aider à définir ce qu’est une liste, préciser leurs besoins en termes de qualifications. Nous devrons leur fournir un guide méthodologique », explique-t-il. Il pointe que les besoins des branches sont très différents et que son organisation privilégie les actions de formation qui mènent à des certifications reconnues dans les grilles de classification.

« L’objectif que nous nous sommes fixé est que, dans ces guides méthodologiques, on dise aux branches de s’appuyer sur les observatoires prospectifs des qualifications qui ont déjà travaillé sur les besoins en qualifications. Certaines, comme l’UIMM savent déjà qu’elles auront besoin de chaudronniers et de soudeurs. Mais si on ne le fait pas, on risque de se retrouver avec des actions de formation en développement durable. » Il note qu’il faudra marier les travaux des observatoires de branche avec ceux des Carif-Oref et intégrer la « problématique des Régions ».

Ces questions seront débattues en concertation quadripartite, mais le secrétaire confédéral ne veut pas limiter le débat : « Nous avons prévenu le cabinet du ministre du Travail que les branches n’allaient pas se cantonner à établir des listes. Il y a de nombreux sujets dans l’accord [2] comme la mobilisation du CPF hors ou pendant le temps de travail, ou les abondements complémentaires, dont doivent parler les branches. Nous allons poser des questions très concrètes afin de répondre à nos mandants sur ces questions. »

Le guide méthodologique sur lequel planchera l’Inspection générale des affaires sociales en parallèle de la concertation doit prendre en compte ces éléments  : « Qu’entend-on par guide méthodologique ? C’est de rappeler à l’Igas les éléments de la loi et de l’accord. La négociation de branche ne consiste pas simplement à dire quelles sont les formations éligibles. C’est aussi prévoir l’abondement complémentaire, qui peut le faire, dans quel cas ? Ce sont des sujets que nous ne voulons pas négliger, faute de quoi, on risque de voir se développer des systèmes totalement inégalitaires et des systèmes d’optimisation  », estime Stéphane Lardy. Il compte aussi demander dès le 2 avril à aborder d’autres questions comme l’articulation compte pénibilité et CPF ou encore l’enrichissement du service dématérialisé d’information dédié afin que le salarié n’y trouve pas que son compteur d’heures... Liste non exhaustive qui s’affranchit des limites de la mission Igas.

Béatrice Delamer
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 24 mars 2014.

[1Voir notre article.

[2L’accord national interprofessionnel du 14 décembre 2013, NDLR.

Mis en ligne le 27 mars 2014
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