Préfiguration du conseil en évolution professionnelle pour les intérimaires

11 mars
2014

Alors que la loi sur la formation professionnelle a été définitivement adoptée par le Parlement jeudi 27 février, nombre de ses dispositions sont d’ores et déjà testées ici et là. C’est notamment le cas pour l’article 12 relatif à la mise en œuvre du service public de l’orientation.

Au-delà de la version régionale en cours d’expérimentation dans huit régions [1], c’est aussi le tout nouveau conseil en évolution professionnelle (CEP) qui fait d’objet de préfigurations. Exemple en Île-de-France, avec une initiative conduite par le fonds d’assurance formation du travail temporaire (FAF-TT) en partenariat avec la Région.

Crise de l’automobile oblige, les bassins d’Aulnay-sous-Bois et Poissy, (voir notre article), sont les premiers bénéficiaires de ce « nouveau type d’accompagnement des salariés intérimaires [...], cofinancé à hauteur de 70 % » par la Région, explique Chloé Huet, chargée de mission nationale Conseils régionaux au FAF.TT.

Identification des compétences, faisabilité des projets et recherche de financements

Trois axes structurent l’accompagnement : une ingénierie pédagogique tournée vers l’identification de compétences transférables et l’analyse de la faisabilité des projets ; la recherche de financements de formations au-delà du congé individuel de formation — (ndlr : l’esquisse du cahier des charges du CEP réalisée par l’Igas évoque « la recherche des solutions d’ingénierie financière pour faciliter la mobilisation du compte personnel de formation et l’accès à la formation de façon générale ») ; une collaboration étroite avec les agences d’emploi pour l’identification des salariés et le suivi des actions mises en œuvre.

Concrètement, le dispositif est d’abord présenté aux salariés en fin de mission au cours de réunions collectives qui ont lieu dans les agences. En cas d’intérêt, cinq entretiens individuels peuvent alors être proposés. « Le premier rendez-vous a pour objet de faire le point sur le parcours professionnel du salarié, sur ses projets d’évolution, ses attentes », explique sur le site du FAF.TT, Lauriane Mignondo, conseillère. Si nécessaire, quatre autres entretiens aideront le salarié à construire un plan d’action pour la mise en œuvre de son nouveau projet professionnel.

Explorer le champ des possibles

« Cette ingénierie spécifique permet au salarié d’explorer le champ des possibles en analysant les compétences acquises qui sont transférables. Ce n’est pas toujours facile de savoir parler de ce qu’on sait faire. Un peintre par exemple va dire : “Je sais juste peindre” alors que ses expériences de peintre lui ont permis d’acquérir bien d’autres compétences », souligne Lauriane Mignondo. In fine et non sans rappeler le bilan de compétences, dont on peut se demander s’il survivra à la mise en œuvre du CEP, le dispositif d’accompagnement facilite les transitions. À titre d’exemple, l’un des bénéficiaires cité par le FAF.TT, ancien monteur de portières en mission d’intérim dans l’automobile, a ainsi pu accéder à un congé individuel de formation pour préparer le titre professionnel d’installateur thermique et sanitaire.

Depuis septembre 2013, un partenariat avec la Cité des métiers de la Villette (Paris) permet également aux bénéficiaires de participer à des ateliers mensuels "Passerelles métiers", avec un objectif qui rejoint totalement la philosophie du CEP : valoriser les compétences acquises et identifier celles qui pourraient être transférables vers d’autres emplois. D’une durée de 3h45, l’atelier est réservé aux personnes ayant effectué 500 heures minimum d’intérim au cours des dix-huit derniers mois.

Prochaine séance le 13 mars 2014 de 13h45 à 18h, inscription sur le pôle Organiser son parcours professionnel et de formation de la Cité des métiers.

4 200 bénéficiaires d’ici 2015 en Pays de la Loire
Autre exemple de préfiguration du conseil en évolution professionnelle en Pays de la Loire, où la Région expérimente un service gratuit de conseil aux salariés depuis 2010. Cité dans un communiqué de la Région, Jean-Yves Lhommet, membre de la Commission paritaire interprofessionnelle régionale pour l’emploi, évoque « plus de 70 % » de réussite des projets professionnels accompagnés dans le cadre du CEP ligérien. Déjà 1 000 personnes ont pu accéder à un accompagnement spécifique et la Région espère 4 200 bénéficiaires d’ici 2015. Gratuit pour les usagers ainsi que l’exige la loi, le conseil en évolution professionnelle dispose d’un budget de 760 000 euros financé par la Région, les partenaires sociaux et le Fongecif régional, qui en assure l’animation. Numéro unique du CEP en Pays de la Loire : 02 40 20 28 00. Pour voir le maillage territorial : www.fongecif-pdl.fr/

Nicolas Deguerry
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 4 mars 2014.

[1Aquitaine, Auvergne, Bourgogne, Bretagne, Centre, Limousin, Pays de la Loire, Rhône-Alpes.

Mis en ligne le 11 mars 2014
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