"La réforme est une avancée pour la capacité d’innovation des entreprises et pour l’autonomie des personnes" selon Jacques Bahry, délégué général du Cesi

20 février
2014

Jacques Bahry s’est exprimé mercredi 12 février sur la réforme de la formation professionnelle. Il salue l’effort de renforcement du rôle de la personne dans l’initiative de la formation et se réjouit de l’opportunité qu’elle apporte en matière de multi-modalité des dispositifs de formation.

« Le fait nouveau majeur de cette réforme, c’est cette inclinaison de notre système de formation professionnelle vers la demande individuelle des personnes. » C’est en ces termes que le délégué général du Cesi, Jacques Bahry, se félicite des opportunités qu’apporte la loi sur la formation professionnelle votée par l’Assemblée nationale et examinée à partir du 18 février au Sénat.

Une avancée majeure dans le domaine de la formation professionnelle qui met l’autonomie de l’individu au cœur de la prise de décision. En effet, trois mesures vont en ce sens, selon Jacques Bahry : la création du compte personnel de formation qui, accolée au congé individuel de formation, devient « une sorte de “starter” vers une formation qualifiante » ; l’exigence d’entretiens professionnels tous les deux ans accompagnés d’un « bilan formalisé » tous les six ans [1] ; et la mise en place d’un conseil en évolution de carrière.

Si l’évolution législative a déjà permis quelques avancées en la matière, les besoins de l’entreprise étaient toujours prédominants dans le choix de la formation. Grâce au CPF, l’autonomie de l’individu pourra parfaitement, selon le délégué général, se cumuler avec la stratégie de l’entreprise, cette dernière ayant la faculté d’abonder le compte.

Jacques Bahry émet toutefois une réserve sur le service d’orientation qui devra être pertinent afin que « les personnes et notamment les moins qualifiées et/ou salariées des plus petites entreprises puissent être autonomes dans le choix de leur formation ». Une exigence renforcée par le risque d’une communication agressive des organismes de formation qui ne s’adresseront plus directement aux entreprises mais de plus en plus au grand public.

L’opportunité de la suppression du 0,9 % en matière d’innovation

« La suppression du 0,9 % va libérer [...] les capacités d’innovation des entreprises en matière de modalités de formation. » Le délégué général du Cesi relève que les entreprises ne seront plus tenues à une obligation de financer mais véritablement à une obligation de faire. C’est en ce sens qu’elles pourront mettre en place des politiques innovantes en matière de formation. D’autant plus si les mentalités des entrepreneurs évoluent en considérant la formation comme un investissement, ce que tend à encourager la loi.

Jacques Barhy relève que depuis la loi de 1971, beaucoup de freins ont été apportés au développement des formations non formelles, ce qui a conduit la France à prendre beaucoup de retard. C’est au regard de ces considérations qu’il perçoit la réforme comme une opportunité de développer de nouvelles modalités dans la délivrance de formation en les encadrant d’une manière plus large. Si le contenu précis de la loi n’est pas encore connu à ce jour, il considère que les « projets actuels sont encourageants, mais [que] le diable est dans les détails [et] qu’il convient [à ce titre] de rester vigilant ».

Célia Coste
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 13 février 2014.

[1Article 2. Tous les six ans de présence continue du salarié dans l’entreprise, un entretien professionnel permet de dresser un bilan de son parcours professionnel et de son accès à la formation

Mis en ligne le 20 février 2014
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