La formation « un défi que les Régions veulent relever » (Alain Rousset)

10 février
2014

« La formation professionnelle tout au long de la vie est un combat qui n’est pas encore gagné, mais c’est un défi que les Régions veulent relever. » Clôturant la première journée de l’Université d’hiver de la formation professionnelle, mercredi 29 janvier 2013, Alain Rousset (président de la Région Aquitaine et président de l’Association des Régions de France) revient sur les avancées de la réforme de la formation, et sur l’accentuation de la décentralisation, qu’il appelle de ses vœux.

Le projet de loi relatif à la formation professionnelle, à l’emploi et à la démocratie sociale, qui fait suite à l’Ani (accord national interprofessionnel du 14 décembre 2013) et dont l’examen à l’Assemblée nationale doit commencer le 5 février prochain, décentralise de nouvelles compétences en matière de formation professionnelle et d’apprentissage. Ainsi, ce projet de loi reprend notamment des dispositions qui figuraient initialement dans le second volet de l’acte III de la décentralisation.

Dans ce nouveau cadre, les Régions adoptent la carte des formations professionnelles, élaborent le CPRDFOP (contrat de plan régional de développement des formations et de l’orientation professionnelle). Le projet de loi consacre le SPRF (service public de la formation professionnelle) et donne à la Région des compétences vis-à-vis de tous les publics en matière de formation (demandeurs d’emploi, salariés handicapés, personnes sous main de justice, Français de l’étranger…).

Vers une nouvelle gouvernance

Selon le président de la Région Aquitaine, il est nécessaire d’accentuer encore la décentralisation tout en impliquant au plus près les différents partenaires. « Il faut que tous ensemble nous partagions les contraintes. Si le pays est centralisé, il y a cette tendance à tout attendre d’en haut. Quand il est décentralisé, vous ne pouvez pas passer à côté de vos responsabilités. »

Il appelle ainsi à « une nouvelle gouvernance ». « Nous sommes en train de créer un service public régional de la formation professionnelle basé sur un modèle collaboratif qui rassemble les Régions, les partenaires sociaux, les Opca… L’objectif étant de mettre en place des actions concertées et anticipatrices, ajustées aux besoins des entreprises de des chômeurs », dit-il.

Il regrette notamment un système de prescription « trop émietté » en matière de formation professionnelle des chômeurs. « Les Régions veulent piloter les organismes qui font du placement de demandeurs d’emploi, tels que les Missions locales, Pôle emploi, les Maisons de l’emploi, les Plie (plans locaux pour l’insertion et l’emploi)… En Aquitaine, il y a 173 de ces organismes », ajoute le président. Il espère notamment que la loi permettra aux Régions, dans le futur, d’agréer des organismes de formation.

La Région, le bon échelon

Pour Alain Rousset, la formation, et le développement économique qui en découle, passe par une stratégie de partenariats entre les Régions et les acteurs économiques. « Nous devons aider les entreprises à se retourner, à changer leur niveau de compétences », dit-il. Il cite notamment l’exemple de Repetto, une marque de chaussures dont l’une des usines est située à Saint-Médard-d’Excideuil (Dordogne). «  Pour éviter que la marque, ne trouvant pas les compétences dont elle a besoin, ne délocalise, nous avons créé une école de transformation du cuir, qui a permis à certains de se reconvertir », explique-t-il.

Le président de l’ARF met ainsi en avant la « souplesse des Régions », un échelon qui permet « une discussion directe avec le chef d’entreprise pour débattre de questions de stratégie ». Parmi les priorités en matière de formation, il met notamment en avant les nouvelles technologies.

L’orientation, un chantier à porter avec l’Éducation nationale et les organismes de formation

L’orientation professionnelle, et la mise en place du SPRO (service public régional de l’orientation) est également une priorité pour Alain Rousset. « Nous devons porter cela avec l’Éducation nationale et les organismes de formation. » Fin 2013, huit Régions préfiguratrices ont engagé des travaux visant à définir ce service. En Aquitaine, indique-il, ce sont les Cap métiers qui constitueront un pivot essentiel dans un dispositif expérimental s’appuyant sur les espaces métiers aquitains [1]. »

Aurélie Gerlach
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 30 janvier 2014.

[1Espaces de conseils et de ressources pour les personnes recherchant des informations et/ou une assistance sur les questions liées à l’orientation, la formation, la reconversion…

Mis en ligne le 10 février 2014
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