François Chérèque reproche à Nicolas Sarkozy le report du projet de loi sur la formation professionnelle

2 juillet
2009

A l’occasion du sommet social réunissant les partenaires sociaux à l’Elysée, mercredi 1er juillet, le secrétaire général de la CFDT François Chérèque a fait savoir au chef de l’Etat sa déception quant au « non respect de la loi sur le dialogue social : la loi sur la Formation professionnelle est renvoyée à plus tard alors même que le gouvernement avait déclaré l’urgence sur cette question en menaçant partenaires sociaux d’intervenir s’ils ne concluaient pas rapidement », a-t-il expliqué.

« Tout cela pour faire place à une libéralisation du travail du dimanche au mépris
de la loi sur le dialogue social et les prérogatives des partenaires sociaux
 », a ajouté François Chérèque.

Le patron de la CFDT a par ailleurs estimé que le recours facilité au contrat de transition professionnelle pour tous les licenciés
économiques, comme l’a proposé Nicolas Sarkozy, « risque d’être une incitation à accélérer les licenciements, pire à créer un
véritable effet d’aubaine
 ».

« Cette mesure d’apparence généreuse est en fait discriminante. Elle laisse de côté ceux qui
ont perdu leur emploi pour fin de contrat en CDD ou en intérim, en grande partie des jeunes.
Ils sont les premières victimes de la crise. Plus de 350 000 emplois détruits en un an dont la
quasi-totalité sont des emplois intérimaires ou en CDD
 », a précisé François Chérèque.

Pour ne pas faire de ces jeunes « une génération de sacrifiés, il faut faire preuve, en
complémentarité des propositions que nous avons avancées dans la commission Hirsch, de
simplification et d’innovation sociale
 », a ajouté le leader CFDT. Et de proposer de :

‐ faciliter la mise en oeuvre des contrats d’apprentissage pour qu’y compris les entreprises en sous activité qui aujourd’hui renoncent à recourir à ce type de contrat puissent accueillir des jeunes.

‐ proposer aux jeunes qualifiés, pour une période de six mois, une véritable activité professionnelle et un accompagnement par des salariés qui sont pour ces périodes en activité partielle dans des entreprises connaissant des baisses d’activité.

‐ ouvrir une réflexion et expérimenter avec des entreprises volontaires la mise en
place en direction des jeunes qualifiés ou en échec, de nouveaux « chantiers
d’avenir » dans les domaines d’activités liés à des intérêts environnementaux : des
chantiers encadrés par des salariés ayant les compétences nécessaires et
connaissant des périodes de chômage partiel au sein de leurs entreprises.

David Garcia
Article paru dans Le Quotidien de la Formation du 2 juillet 2009.

Mis en ligne le 2 juillet 2009
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